July 19, 2010
Bibliothèque virtuelle, Livre, Tendances, Usages, iPad
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Les vacances constituent un excellent temps pour la lecture. Après la sortie de l’iPad, on peut se demander dans quel format lire le roman de l’été: en format poche ou sur reader? Une récente étude du gourou de l’ergonomie Web, Jakob Nielsen, montre qu’il faut entre 6 à 10% de temps supplémentaire pour lire un texte (en l’occurrence une nouvelle d’Ernest Hemingway) sur un reader (iPad ou Kindle), par rapport au temps nécessaire pour la même histoire dans un livre papier. Malgré tout, les participants à l’étude se sont déclarés satisfaits par la tablette en question.
Article sur CNN

Photo: MicMac1 (Flickr)
Je suis en train d’apprivoiser mon propre iPad. J’ai commencé par charger de nombreux ouvrages provenant du domaine public. Parmi eux, le Rouge et le Noir qui fait plusieurs centaines de pages. La lecture d’un roman semble fastidieuse sur le iPad et un format de poche me paraît plus agréable. Il en va autrement pour la poésie. Un poème se lit vite. L’application iBooks permet de rechercher un mot dans tout l’ouvrage, dans un dictionnaire (le français n’est pas encore disponible), sur Internet. Il est possible de mettre des passages en évidence avec différentes couleurs et d’ajouter des notes. Sans parler de la fonction copier-coller qui permet de publier un extrait dans un blog.
L’application Kindle d’Amazon, disponible pour PC, Mac, iPhone, iPad, présente encore d’autres avantages. Tout d’abord, il est possible d’avoir ses ouvrages sur plusieurs appareils. L’état de la lecture est synchronisé entre les différentes machines. Je peux lire un ouvrage sur mon iPad lorsque je suis dans un train. De retour chez moi, je reprends ma lecture sur un ordinateur et je me retrouve exactement à la page où j’en étais arrivée. L’application Kindle permet aussi de voir combien de personnes ont mis en évidence certains passages. Il est possible de voir rapidement les passages intéressants d’un essai. On peut parler de lecture collective.
Quand on dit livre, on pense roman, Proust, Balzac, Zola. Ces textes-là , on a de la peine à s’imaginer les lire sur un reader. Il en va de même du roman de l’été: on ne va pas embarquer le dernier Marc Lévy sur son iPad et le lire sur une plage. Pourtant il n’y a qu’à jeter un Å“il sur sa bibliothèque pour constater qu’il existe de nombreux types de livres qu’on ne lit pas de manière linéaire. Que l’on songe aux dictionnaires, aux guides de voyage, aux manuels en tout genre, aux livres de cuisine. On peut parler de lecture utilitaire. Ce sont précisément ces ouvrages qui se prêtent le mieux à une transposition sur iPad. J’ai justement acheté un livre de recettes culinaires. Je peux chercher des recettes par mots clés (que faire avec des pommes ?), par thème (Noël). Je peux établir une liste d’achats pour un menu. Une partie des recettes et certaines actions (découper une langoustine) sont présentées sous forme de vidéos. Les recettes sont prévues pour 4 personnes. Je peux ajouter ou enlever des convives et l’application recalcule les quantités dont j’ai besoin. Seul inconvénient: il faut faire attention à son iPad sur la surface de travail …
Les readers sont conçus pour un autre type de lecture que celle d’un roman. Une lecture qu’on pourrait qualifier de discursive. Ils permettent d’annoter, de rechercher. Ils donnent de nouveaux accès à l’information, comme la géolocalisation pour les guides de voyage. On ne le dira jamais assez, les livres de papier ne disparaîtront pas. Les readers s’ajoutent à de nombreux dispositifs permettant de lire et d’accéder à la connaissance. J’ai un laptop, un iPhone, un iPad et je croule sous les livres de papier …
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June 14, 2010
Culture, Histoire d'Internet, Musée virtuel, Tendances, muséographie virtuelle
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Hardware Zone, un site technologique de Singapoure, fête ses douze ans. Pour marquer le coup, il s’offre une exposition virtuelle en ligne montrant l’évolution des technologies électroniques et numériques. L’exposition est composée de trois parties. La première retrace l’histoire du site. La second offre des frises chronologiques pour plusieurs types d’appareils, de périphérique ou même pour Internet. La troisième partie est participative: les internautes peuvent poster des images de vieux gadgets électroniques qu’ils ont chez eux: polaroïd, gameboy, téléphone portable de première génération, etc… Des prix récompenseront les meilleures images. En regardant cette galerie d’image, on réalise à quel point l’obsolescence est de plus en plus vite atteinte. Un appareil des années 80 semble complètement dépassé.

http://www.celebratetechnology.com.sg/
http://www.hardwarezone.com.sg/
Cette exemple montrer que l’exposition virtuelle n’est pas le fait des seuls musées, mais constitue une forme en soi qui peut être utilisée dans diverses stratégies de communication.
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June 7, 2010
Bibliothèque virtuelle, Culture, Musée virtuel, muséographie virtuelle
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En cette période où la mer est mise à mal par une marée noire qui est certainement l’une des plus grandes catastrophes écologiques de notre planète, il est peut-être bon de s’intéresser à la richesse de la vie sous-marine. Le Smithsonian nous en donne l’occasion, grâce à un site lancée par le Musée national d’histoire naturel. Il s’agit d’un portail consacré à l’océan. Il présente divers aspects de la mer sous une forme attractive, avec de nombreuses images, vidéos et animations. Il montre le travail de chercheurs et offre aussi des ressources pour les enseignants.
Il offre également une perspective chronologique de la vie sous-marine, à travers des timelines. L’un montre l’évolution des cétacés et l’autre les grands prédateurs marins.

http://ocean.si.edu/
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May 7, 2010
Communautés virtuelles, Lift10, Musée virtuel, Réseaux sociaux, Usages
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Toujours à Lift, Jean Burgess, chercheuse australienne, a présenté la recherche qu’elle a consacré à You Tube. Au départ, You Tube était un produit conçu par des développeurs qui n’avaient pas la moindre idée de ce qu’on pourrait faire avec ce système. Aujourd’hui, c’est une véritable communauté en ligne. 50% de son contenu a été produit par ses utilisateurs. Le 42% du contenu est traditionnel: il provient des télévisions. Les utilisateurs de You Tube archivent tout ce qui est digne d’être conservé à leurs yeux. You Tube est donc aussi un projet collectif d’archive culturelle. C’est le plus grand musée de la télévision et ce qui entre dans sa collection a été choisi par la communauté. Evidemment la communauté de You Tube se heurte au problème de la propriété intellectuelle.
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May 7, 2010
Communautés virtuelles, Lift10, Tendances
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Qu’en est-il des digital natives? Lift a tenté de répondre en y consacrant une session. Antonio Casilli, chercheur à l’EHESS, a montré que cette catégorie ne correspondait pas à une évidence du point de vue empirique. Il s’agirait d’une construction dues à des raisons économiques (les jeunes sont friands de produits à forte valeur ajoutée comme les jeux), culturelles (vision optimiste du futur) et démographique (exclusion sociale des seniors).
Dans la même session, un digital native est venu expliquer comment sa génération utilise Internet. Il nous a expliqué les attentes et pratiques des jeunes, forcément nés avec un ordinateur dans les mains. Tout d’abord, ils s’attendent à tout ce qu’ils trouvent sur le Net soit gratuit. La seule chose qu’ils payent est l’abonnement mensuel. Tout doit aussi être simple, rapide, facile. Ils baignent dans une information en temps réel, accessible constamment. Quant à Facebook, tout le monde l’utilise. Les jeunes ne sont pas préoccupés autrement par les problèmes liés à la vie privée. A la question de savoir s’il avait un sentiment d’addiction, posée par le public, notre jeune digital native a répondu par la négative.
Alors, ils existent, ces digital natives? Ce qui est certain, c’est que la question va disparaître avec le temps. De plus, il existera toujours dans la société des pratiques variables selon les individus.
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May 6, 2010
Communautés virtuelles, Lift10
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Ce titre résume assez bien ma matinée à la Conférence Lift. J’ai tout d’abord participé à un atelier consacré aux changements induits par les nouvelles technologies dans l’organisation de conférences, de rencontres, animé par Gianfranco Chicco. Dans un passé récent, il fallait se déplacer physiquement pour assister à une conférence. Elle avait lieu dans un endroit bien circonscrit (un centre de congrès). Aujourd’hui, grâce à Internet, un cercle beaucoup plus large de personnes peuvent bénéficier des contenus qui sont présentées. Toute conférence qui se respecte a une plateforme Internet, qui peut être prolongée par diverses applications sur téléphone ou tablettes. Celui qui ne peut pas s’y rendre peut suivre les présentations et discussions sur le site, le plus souvent sous la forme d’un live stream. Les diaporamas sont mis en ligne. Les participants commentent ce qu’ils entendent sur leurs blogs (eh oui!) ou sur Twitter (#lift10). Le temps a éclaté aussi: la plateforme permet aux participants d’interagir entre eux avant le premier jour, quand ils n’organisent pas le contenu en faisant des propositions et en les soumettant au vote. Quel est donc encore l’intérêt de participer physiquement à une manifestation comme Lift? L’animateur de l’atelier l’a bien dit: si le contenu est important, c’est l’expérience qui est déterminante. Les organisateurs doivent tout entreprendre pour que les gens qui viennent assister à une conférence vivent une expérience (intéressante, inoubliable, …). Bien souvent, la qualité de cette expérience se joue en dehors des présentations. Il faut favoriser les rencontres entre les gens, éviter que les participants ne parlent qu’avec ceux qu’ils connaissent déjà . Il faut mettre en place des systèmes permettant aux gens d’apporter leurs contributions. Les manifestations ne sont donc pas mis en danger par les nouvelles technologie: leur statut d’expérience les enlève de la liste des institutions mis à mal par Internet. En même temps, leur impact devient plus grand, car le Web joue une caisse de résonance. Aujourd’hui nous pouvons tous profiter des conférences sur Internet les plus importantes en ne nous rendant qu’à certaines d’entre elles.
La première session de la journée a été consacrée à l’impact des réseaux sociaux dans le domaine de la politique. Rahaf Harfoush a travaillé dans l’équipe de campagne de Barack Obama. Elle nous a expliqué les principes sur lesquels elle se basait. L’horizontalité des réseaux sociaux a permis de gagner plus de citoyens à sa cause et de lever plus de fonds (67% des fonds proviennent de la plateforme Internet). En s’inscrivant sur la plateforme, on devenait membre d’un réseau social qu’on pouvait ensuite contribuer à étendre. Rahaf Harfoush a ensuite passé en revue d’autres cas d’utilisation des réseaux sociaux dans le domaine politique, qu’il s’agisse de mouvements de protestation, d’efforts des gouvernements de rendre leur action transparentes.
Claudia Sommer nous a parlé d’un sujet d’actualité. Webmanager de Greenpeace Allemagne, elle a montré comme cette ONG utilisait les réseaux sociaux pour ses campagnes. Greenpeace utilise plusieurs réseaux sociaux, mais a aussi mis en place sa propre plateforme, Green Action, à partir de laquelle il est possible de lancer des campagnes.
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May 5, 2010
Lift10, Tendances, Usages
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L’avantage d’événements comme les conférences Lift est de donner l’occasion de porter un autre regard sur le Web et les nouvelles technologies. Un nouvel angle de vision
Olivier Glassey et Christian Heller nous ont parlé de la vie privée. Voilà un concept que chacun pense connaître. Après ces exposés, on comprend que la notion de vie privée n’a pas toujours existé. Au Moyen-Âge et dans les sociétés rurales, elle était inexistante, car tout le monde se connaissait et s’épiait. La vie privée a émergé peu à peu, avec la naissance de l’individualisme. Elle va encore évoluer. Les réseaux sociaux induisent de nouvelles pratiques. Fait intéressant: il semble que dans Facebook, les gens ont tendance à faire un portrait d’eux plutôt réaliste.
Catherine Lottier, Virginia Mouseler, Mercedes Bunz ont évoqué l’avenir des médias traditionnels dans un monde de plus en plus imprégné par les technologies de l’information. Les deux premières ont montré, exemples à l’appui, que les contenus et la forme des médias traditionnels sont de plus en plus influencés par les les nouveaux médias. Ils utilisent leurs codes comme l’immersion, la simulation, … Mercedes Bunz nous a invité à réfléchir sur la place de plus en plus grandissante des algorithmes dans la production et la diffusion des contenus. Il existe même des systèmes informatiques permettant de générer des comptes-rendus de rencontres sportives. Cela remplacera-t-il vraiment le journalisme?
Toujours pour nous permettre de prendre une certaine distance, une pédicure est venue nous parler de son métier, un métier où les ordinateurs et les technologies de l’information ne jouent aucun rôle.
Parallèlement aux ateliers et aux sessions, Lift10 présente des créations de start up ou d’inventeurs. Dans le hall du Centre des congrès, il y a des tables où il est possible de voir des démonstrations. Deux chercheurs de New York University ont fait une démonstration d’un dispositif permettant de simuler la vision d’une fourmi. Un casque contient un petit écran et deux “gants de boxe” supportent les caméras. L’une des deux caméras a une vision microscopique. Les mêmes inventeurs ont créé un système analogue pour voir comme une girafe. Dans ce cas, la caméra est placé un peu au-dessus de la tête.

Sur une autre table, on pouvait assister à une démonstration d’un objet qu’on peut définir ainsi: entre un lapin Nabaztag et un tamagochi. Il s’agit d’une petite créature de plastique appelée Deskfriend et qui rappelle vaguement un pingouin. Sa docking station est lié à l’ordinateur via un câble USB, mais la créature peut se déplacer librement sur le bureau. Il faut un compte Facebook pour la configurer. Ensuite elle peut lire des fils RSS, avertir de l’arrivée d’un email (côté lapin Nabaztag). Il faut cependant s’occuper d’elle en la nourrissant et en lui donnant des cadeaux (depuis Facebook). Dans le cas contraire, elle manifeste son mécontentement (mais heureusement elle n’en parle pas sur Facebook). Elle réagit aussi aux caresses.

Toujours dans la perspective de modifier son angle de vue, une start up propose de créer une page ayant l’apparence d’un journal en ligne à partir d’un compte ou d’un hashtag Twitter. Le système lit tous les tweets, suit les liens, regarde les messages des personnes suivies et il compose la page Internet. Plutôt que d’avoir une homepage de news stardand, on obtient une offre spécialisée, adaptés à ses goûts ou thématique.

http://paper.li
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May 5, 2010
Bibliothèque virtuelle, Culture, Lift10, Usages
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Depuis ce matin, j’assiste à la Conférence Lift10 à Genève. La journée a commencé par des workshops. Je me suis inscrite à l’atelier animé par Frédéric Kaplan sur les nouveaux supports de lecture. Plusieurs groupes ont essayé d’imaginer des scénarios de lecture: comment certains contenus (magazine, manuel, guide de voyage, histoire pour enfants, etc … ) peuvent être lus sur différents supports (smartphones, tablettes, tableau interactif, etc … ) ?
Dans plusieurs des projets élaborés au cours de cet atelier, la lecture devenait non seulement interactive, mais elle supposait aussi des échanges avec d’autres personnes, proches ou distantes. Pendant longtemps la lecture a été considérée comme une activité solitaire, même si cela n’a pas toujours été le cas, comme en témoignent des exemples à travers l’histoire de lectures en public ou dans le cadre familiale. Les nouveaux supports invitent au partage des lectures, car ils sont connectés à Internet. La lecture (re)deviendrait-elle une activité sociale ?
Parmi les combinaisons contenus-supports plébiscitées par l’audience, on peut mentionner les guides de voyage sur des tableaux ou tablettes, les journaux sur tablettes et les magazines avec codes barres. L’avenir nous dira si elle a raison.
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April 15, 2010
Réseaux sociaux, Usages
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Le nuage de poussière qui, suite à l’éruption du volcan islandais Hekla, recouvre le Nord de l’Europe et qui se déplace en direction du Sud cause bien des ennuis, puisqu’il bloque le trafic aérien.
Simulation de la trajectoire du nuage
Ce nuage a cependant suscité une plaisanterie sur Twitter. On y prétend que suite à l’apparition de ce nuage au-dessus de l’Angleterre, la police a arrêté les personnes qui nettoient la salle des trophées du club d’Arsenal …
Recherche Twitter avec les mots “dust”, “cloud”, “Arsenal”

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April 11, 2010
3D, Applications géographiques, Culture, Musée virtuel, Second Life, muséographie virtuelle
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Le vent a commencé à tourner pour les prestigieuses collections amassées par les grands musées occidentaux. Certains pays réclament avec insistance des pièces particulièrement relevantes pour leur passé ou leur culture. La Grèce avait ouvert les feux en demandant le retour des marbres du Parthénon (cette requête date déjà de l’époque où Melina Mercouri était ministre de la culture). L’Egypte veut récupérer le buste de Néfertiti. La Chine essaye de bloquer la vente de certains objets dans des salles d’enchère. Récemment 17 pays se sont réunis dans le but de réclamer le retour de leurs antiquités, sous l’égide de l’Egypte (et de son dynamique responsable du Conseil suprême Antiquités, Zahi Hawass).
Article AFP
Site de Zahi Hawass
Il existe une convention de l’UNESCO dont le but est de lutter contre l’importation, l’exportation et le transfert illicite des biens culturels. Cependant cela ne concerne que les acquisitions faites après 1970. Il n’existe donc aucune base légale pour réclamer des objets qui sont entrés dans les musées avant cette date, comme les frises du Parthénon ou le buste de Néfertiti. Cela n’empêche pas ces pays de réclamer des objets arrivés dans les musées occidentaux avant cette date.
Convention UNIDROIT de l’UNESCO
Les divers peuples du monde sont de plus en plus déterminés à conserver eux-mêmes leur patrimoine, plutôt que de le laisser partir vers l’Occident. Il y a quelques semaines, les habitants de l’île de Pâques ont refusé de prêter un de leurs moai qui devait être exposé à Paris, dans le Jardin des Tuileries.
Article Cyberpresse
Ceci nous ramène à la question du musée virtuel. Un objet du monde réel ne peut se trouver qu’à un seul endroit. Et cet endroit devient de plus en plus discuté. Il faut encore considérer que certains sites sont difficilement accessibles pour des raisons d’éloignement (c’est le cas de l’Ile de Pâques) ou de conservation (Lascaux ou certaines tombes égyptiennes). Dès lors, comment concilier l’intérêt du public pour le patrimoine culturel avec la préservation de ce patrimoine ou les difficultés d’accès. Les technologies de l’information sont peut-être une des clés de cette question. J’ai donc cherché comment il est possible de visiter l’Ile de Pâques et d’admirer ses fameux moai tout en restant chez soi.
Il existe de nombreux sites Internet consacrés à l’Ile de Pâques et à ses mystères. Je me suis intéressée à des représentations en 3 dimensions. Première déception, il n’existe pas (à ma connaissance) de sim reproduisant une partie ou l’ensemble de l’Ile de Pâques dans Second Life. Néanmoins, j’ai pu acheté un moai pour 200 L$. Idéal pour orner une plage, en compagnie de quelques palmiers.

Plus intéressant est Google Earth. La résolution de l’île est de qualité acceptable, suffisante en tout cas pour apercevoir les ahu, plateformes sur lesquels se dressaient les moai.

Quelques groupes de moai ont été modélisés en 3 dimensions. Cela permet de se faire une idée de leur localisation dans le paysage. Les statues sont cependant grossières. Fait intéressant, elles tournent le dos à la plage: les moai regardent vers l’intérieur des terres et non vers le large.

Pour ceux qui souhaitent voir les statues et leur environnement en détail, ils peuvent se rendre sur le site “360 cities”, spécialisés dans les visions panoramiques en 360 degrés. En fait, cette technologie existe depuis longtemps sur Internet. On la trouve sur de nombreux sites de musées, sous le terme de visite virtuelle. Elle est aussi beaucoup utilisée dans le tourisme, l’hôtellerie et l’immobilier. Le site “360 cities” présentent des vues panoramiques de nombreux sites dans le monde. L’Ile de Pâques est richement représentée: une vingtaine de site peuvent être visités.

http://www.360cities.net/map#lat=-27.11109&lng=-109.34692&zoom=12
Il suffit de choisir un des points pour visualiser le panorama. On peut ensuite faire un tour sur soi-même de 360 degrés et visualiser le paysage, y compris le ciel. On peut aussi accéder à un autre panorama proche dès que l’on voit s’afficher des flèches blanches.

La Fundación Telefónica, une fondation chilienne, a produit un site permettant une visite virtuelle de l’Ile de Pâques. Le maire de l’île commence par vous souhaiter la bienvenue. A partir d’une carte, il est possible d’explorer les principaux sites de l’île.

Certains sont présentés comme des highlights. On voit sous forme de photographies avec des commentaires.

D’autres sites sont présentés sous forme d’animation: on peut découvrir, par exemple, comment étaient sculptés et transportés les moai.

Enfin certains endroits sont montrés en 3 dimensions. La visite est saisissante. Il est possible de se promener autour des moai, dans un paysage avec une excellente résolution (en comparaison avec d’autres univers en 3 dimensions).

http://www.fundacion.telefonica.com/arsvirtual/media/visitas/isla_pascua/alta/pascua/index.htm
Chacun de ces sites permet de se faire une bonne idée de l’île et de ses monuments, gratuitement, sans se déplacer, sans contribuer à la dégradation des lieux. On pourra toujours arguer qu’il manque l’émotion, l’odeur de la mer et les cris des oiseaux. Mais l’Ile de Pâques est un écosystème fragile et elle peut à peine recevoir les flots de touristes qui s’y rendent. En 2009, les Pascuans ont “fermé” l’île pendant deux jour en bloquant l’aéroport, pour manifester leur ras-le-bol.
La virtualisation, si elle est bien faite, peut contribuer à faire connaître les hauts-lieux du patrimoine à un large public, à bas prix et dans l’intérêt de la préservation dudit patrimoine.
A défaut de se rendre sur l’île, il est aussi possible de visiter des expositions
Paris
A défaut du grand moai dans le Jardin des Tuileries, on pourra voir une copie d’une tablette comportant l’écriture rongo-rongo de l’Ile de Pâques.
Exposition “Ecritures silencieuses”
Montréal
A partir du 8 juin, Montréal va accueillir une exposition sur l’Ile de Pâques, au musée d’archéologie et d’histoire de Montréal. Elle réunit 200 objets provenant d’une vingtaine de musées, notamment des pièces avec l’écriture rongo-rongo. Mais pas de moai.
Exposition “Le grand voyage”
Mais si vous voulez tout de même vous rendre sur l’île de Pâques, évitez le 11 juillet 2010. A cette date aura lieu une éclipse solaire totale visible depuis des îles de la Polynésie, dont Rapa Nui. Les hôtels affichent complet …
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